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LA CATASTROPHE DE DETROIT (1949)

L’Amérique, jalouse d’avoir vu un titre mondial lui échapper, propose à Cerdan un challenger, Jake La Motta. Certains disent qu’il est le poulain de la mafia très puissante dans le milieu de la boxe aux Etats-Unis. Comment expliquer ce choix autrement, alors que La Motta n’est que le 10ème poids moyen mondial, et que ses combats contre Billy Fox et Villemain ont été pour le moins douteux, lui-même ayant admis dans son autobiographie avoir triché sur l’instigation de la Mafia ?
A l'issue de leur rencontre, Marcel félicite son adversaire, ironique : sans cette blessure, La Motta n'aurait eu aucune chance. Il n'a aucun doute qu'il regagnera aisément son titre.
D’ailleurs, les organisateurs new-yorkais refusent le contrat et c’est finalement au Briggs Stadium de Detroit, en plein air, que se déroule la rencontre. Le 17 juin 1949, Marcel Cerdan perd son titre de Champion du Monde contre Jake La Motta. Ce soir-là, les organisateurs de Detroit ont avancé le combat de Cerdan d’une demi-heure. Marcel n’a pas le temps de s’échauffer plusieurs rounds comme il le fait d’habitude. Aux Etats-Unis, tout est neuf à chaque combat : tapis de sol, chaussures, gants… Dès le coup de gong, La Motta jaillit de son coin et se précipite sur Marcel. Sur une poussée, Cerdan glisse et pour se rattraper, tend son bras gauche en arrière. Il se luxe l’épaule. Il ne peut plus gagner, La Motta ne le lâche pas et sa douleur est trop vive. Marcel veut continuer, mais au 11ème round il abandonne sur les conseils de son manager.

Malgré sa défaite, la foule parisienne accueille son champion préféré en héros. Cette félicité du public, en dépit de la défaite, rend à Cerdan son courage et la volonté de reconquérir son titre.

Prétextant une blessure à l’épaule droite, La Motta annule leur match revanche du 28 septembre. Une nouvelle date est prise : Le 2 décembre 1949 au Madison Square Garden. Marcel décide d’achever son entraînement sur place au camp Loch Sheldrake à quelques kilomètres de New-York.

Au mieux de sa forme, certain de sa victoire, il déclare aux lecteurs de France-Soir le 26 octobre, la veille de son départ pour les Etats-Unis : « En ce qui concerne le résultat de mon match contre La Motta, je serai très affirmatif : la question d’une défaite ne peut pas se poser. Je dois battre La Motta, je le battrai. Une fois pour une bêtise, un accident stupide, La Motta m’a possédé… C’est déjà beaucoup trop. En fait, je prépare ce championnat depuis plus de 6 mois. Je suis déjà bien. Je serai parfait le 2 décembre ».