Le Vélo Club de Levallois
Avec l’arrivée aux commandes du Vélo Club de Levallois en 1911 de Paul Ruinart, ancien pistard devenu manager sportif, le VCL va asseoir sa renommée aux niveaux national et international. Les méthodes révolutionnaires du "Père la Ruine" - il est notamment l’inventeur des camps d’entraînement et l’un des pionniers de la diététique - vont ainsi faire pendant près d’un demi siècle de Levallois l’antichambre de l’équipe olympique et des équipes nationales, qui avec les Leducq, Speicher, Archambaud, Lapébie et consorts ravivent à partir des années 1930 la flamme tricolore dans le Tour France.

CHAMPION DE FRANCE DES WELTERWEIGHTS / MI-MOYENS (1938-1939)

Marcel arrive à Paris et s’installe au camp d’entraînement du Vélo Club de Levallois(*) du père Ruinart à la Celles-Saint-Cloud. Il porte toujours sa culotte bleue à bande blanche que sa mère lui a confectionné avec, dans sa ceinture noire, la médaille de l’enfant Jésus qu’elle y a glissé. Il gardera cette culotte toute sa vie, souvent portée sous une autre, obligatoire pour les matchs publics.
Le rituel du roulage
des bandes Velpeau,
qui protègent les
métacarpiens et les
poignets des boxeurs
Cerdan s’impose rapidement à Paris, à la Salle Wagram, en battant aux points Louis Jampton et Morin ; il retourne à Rabat le temps d’un combat pour battre Ifergane aux points, revient à Paris pour rencontrer Feodorowich qui perd par arrêt de l’arbitre au deuxième round ; il bat enfin Eddie Ran et Jean Zydès par K.O.

Après avoir fait ses classes dans la capitale, Cerdan part pour Casablanca où il rencontre Kouidri qu’il a déjà vaincu deux fois, ce qui lui permet de se positionner comme Challenger pour le titre de Champion de France des Mi-Moyens. Le combat a lieu le 21 février 1938 au stade Philip devant dix mille spectateurs, dix mille cœurs qui battent pour lui.

Kouidri, l’Algérien au courage de légende, parvient à tenir les douze reprises en dépit de son épuisement évident, mais en vain : Marcel gagne à la fois ce troisième combat contre ce digne adversaire, son premier titre de Champion de France, et ce surnom qui le suivra désormais : « le Bombardier Marocain ». Les supporters en folie bloquent les rues de Casablanca la moitié de la nuit.

Après sa victoire aux points contre Charles Pernot, le nouveau Champion de France étrenne son titre face à Edy Rabak, le 13 avril 1938. Envoyé deux fois au tapis, Rabak va jusqu’à la limite mais est battu (aux points) pour la deuxième fois.

Le 2 mai 1938, Cerdan reçoit le Prix Théo-Vienne, qui récompense le meilleur boxeur français de l’année.

Le 5 mai 1938, pour la première fois en vedette au Palais des Sports, Cerdan sa première grande victoire internationale sur l’italien Cleto Locatelli, l’un des modèles de Marcel, qui, grâce à son expérience, n’est battu qu’aux points.
Pellos, créateur des Pieds Nickelés, traduit l'anticipation qui règne avant la rencontre Cerdan-Humery : la victoire de Cerdan signera sa consécration.
Le 20 mai 1938 c’est l’affrontement entre Cerdan et Gustave Humery. Après ce combat très difficile, qu’il remporte tout de même, Marcel prouve qu’il est aussi un encaisseur de première classe et devient définitivement le boxeur favori des Français.

Fin 1938, Marcel remet son titre en jeu contre Jean Morin qu’il bat aux points à la dixième reprise, puis il remporte les matches contre Victor Deckmyn, le belge Al Baker, l’italien Amedeo Deyana, l’allemand Alf Katter, et de nouveau Kouidri.

Le 9 janvier 1939 à Londres, Marcel est disqualifié face à Harry Craster, de façon éhontée, sur un soi-disant « coup bas » inventé par le manager adverse. Il gagne aux points contre son ami Emile Buratti. Il écrase à nouveau Al Baker et Félix Wouters à Bruxelles et René Cadot à Marseille.