Site officiel

LA GUERRE (1939-1942)

L'ascension fulgurante de Marcel est stoppée par la Guerre. Simple marin, il se plie cependant de bonne grâce aux exigences de la popularité en trinquant avec ses admirateurs.
Le 6 septembre 1939, Cerdan est appelé sous les drapeaux au Maroc. Il est affecté dans la Marine à l’artillerie côtière, puis comme planton à l’Etat-Major [télécharger ses états de services]. Son ascension professionnelle est stoppée. Le championnat d’Europe passé, il lui faudra attendre 7 ans son Championnat du Monde.

Au Maroc on assiste impuissant à l’évolution d’un conflit qui se passe ailleurs. On attend. L’année 1940, Marcel la passe surtout sur les terrains de football de Casablanca. Au printemps, il est sélectionné en football avec le Maroc pour affronter l’équipe de France. C’est la deuxième fois que Cerdan joue l’aile droite de la sélection marocaine dont le capitaine s’appelle alors Larbi Ben Barek, la fameuse « perle noire » (17 fois international de 1939 à 1954).

Dans les premiers mois de 1941, le réseau de résistance « Libération » fait de plus en plus parler de lui. Un jour, Cerdan, qui ne cache pas ses sympathies pour la France résistante, reçoit un émissaire. L’entretien se déroule dans le plus grand secret, mais on sait que Marcel s’engage à aider le réseau. Pour lui, il n’est pas question de basculer dans la clandestinité, mais en revanche, tous les combats qu’il livre à partir de ce jour contribuent à alimenter les caisses de la résistance.

Marcel combat Raymond à Alger, Fortes à Oran et Kid Janas à Casablanca. Il défend à nouveau son titre de Champion d’Europe contre Kouidri qui, pour la première et dernière fois, s’avoue vaincu avant la limite face à Cerdan. Aucun boxeur ne lui résiste longtemps.

En juin 1941, Marcel retourne en France pour vaincre Francis Blanchard à Marseille et les suisses Seidel à Vichy (au profit des prisonniers de guerre détenus en Allemagne) et Fernand Flury à Nice. Il retourne entre-temps brièvement à Alger pour vaincre Brun et Coureau.

Cerdan obtient alors l’assurance du Haut Commissaire aux Sports de pouvoir se rendre en Amérique et poursuivre sa carrière interrompue par la guerre. Mais l’année 1942 s’ouvre par la déclaration de guerre des Etats-Unis contre les forces de l’Axe. C’en est fini des espérances américaines de Marcel. A défaut d’Amérique, Cerdan est invité à franchir la ligne de démarcation afin de paraître pour la première fois sur un ring de la zone occupée.

Sa rentrée parisienne a lieu le 26 avril 1942 contre Gustave Humery, le boxeur qui avait failli stopper sa carrière en mai 1938. Marcel met Humery K.O. au bout de 23 secondes de combat, y compris les 10 secondes comptées par l'arbitre. Littéralement assommé, il est transporté inanimé à l’hôpital Boucicaut. Marcel se précipite à son chevet et y reste une partie de la nuit. Humery sort de son coma 36 heures plus tard. Il ne réapparaitra jamais plus sur un ring de combat.

Après quelques combats victorieux contre Fernand Viez, Gustave de Ridder (K.O. en 85 secondes), Kid Janas et Ben Frély, Cerdan affronte Victor Buttin à Alger le 9 août 1942. Buttin, au tapis à la 8ème reprise, se met à gémir. L’arbitre a vu un coup bas et Marcel est disqualifié pour la seconde fois de sa carrière. Son adversaire venait d’être opéré de l’appendicite et n’aurait pas dû combattre.