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CHAMPION DE FRANCE DES MIDDLEWEIGHTS / MOYENS (1945-1946)

Devant le Sacré-Coeur à Paris, en 1945.
En 1945, Marcel retourne enfin à Paris. Il vit chez Paul Genser, restaurateur de la rue d’Orsel, au pied du Sacré-Cœur à Montmartre, qu’il a connu lors de ses débuts à Paris. Il y trouve une atmosphère familiale qui lui sera précieuse.

Marcel est transformé. Joe Brun, Jean Despaux, Oscar Menozzi (ex-champion de France des mi-lourds, K.O. 3), Edouard Tenet et l’anglais Tommy Davies (battu en 2mn et 55 secondes) le constatent à leurs dépens. Cerdan, dont le masque devient blême dès qu’il franchit les cordes du ring, n’est plus le boxeur d’antan mais l’assommeur. Bien souvent il n’offre plus le spectacle de « l’escrimeur », mais celui du frappeur déchaîné résolu à donner le plus de puissance possible à ses coups.

Ayant changé de catégorie, Cerdan n’est paré d’aucun titre officiel, même si on le reconnaît comme le meilleur Welter européen. Le 30 novembre 1945, il s’empare enfin du titre de Champion de France des Super Welters que détenait Assane Diouf.

Le 8 décembre 1945, Marcel obtient sa revanche contre Buttin. Il veut laver l’affront d’un précédent combat où il fut injustement disqualifié. Buttin est mis K.O. à la 3ème reprise. Boxeur de qualité, il rejoindra l’équipe de Roupp à la demande de Marcel et deviendra l’un de ses principaux sparring partners.

Il enchaîne ensuite plusieurs victoires contre Antonio Guedes( K.O. en 2mn et 50 secondes), à nouveau Tenet, Ferrer et Brun, puis le 25 mai 1946, c’est le match tant attendu contre Charron au Parc des Princes qui accueille pour la première fois un ring sur sa pelouse. Pour la première fois aussi, la presse parisienne parle de « Match du Siècle ». Jamais, avant cette date, un combat n’avait eu autant de publicité. La rencontre se déroule devant 37 000 personnes, trempées par un orage épouvantable (ce qui ne nuit en rien à la recette, astronomique pour l’époque : 15 millions de Francs). Cerdan, blessé à la main droite, dont les réflexes sont trop lents et les gestes trop lourds, fait un combat de frappeur, de démolisseur, mais pas de puncheur. La presse et le public sont déçus, malgré une victoire aux points.
Le 9 mars 1945, Joe Brun doit abdiquer à la septième reprise. C'est le premier combat de Cerdan à Paris depuis sa victoire contre Ferrer en 42.